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Nystagmus: mouvements oculaires saccadés

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Le nystagmus est une affection oculaire caractérisée par des mouvements oculaires rapides et saccadés. Il ne provoque pas toujours de symptômes visibles, mais il peut être associé à des vertiges et à des troubles de la vision. Plusieurs maladies neurologiques différentes peuvent provoquer un nystagmus.

En général, le nystagmus est détecté lors d’un examen physique comprenant une évaluation oculaire. Il peut s’agir d’un signe précoce d’une affection neurologique, telle que la sclérose en plaques (SEP), ou il peut se développer à mesure qu’une maladie neurologique déjà établie progresse. 

Vous pourriez avoir besoin d’un traitement pour aider à réduire votre nystagmus et/ou les effets qui l’accompagnent.

Dans cet article, nous allons explorer les symptômes et les causes du nystagmus, ainsi que son diagnostic et son traitement.

Qu’est-ce que le nystagmus ?

Le nystagmus est un trouble qui se caractérise par des mouvements oculaires involontaires, généralement rapides et saccadés. Le nystagmus se manifeste par des mouvements rapides, rythmiques et horizontaux (d’un côté à l’autre) des yeux. 

Un nystagmus vertical (de haut en bas) ou rotatoire (mouvements circulaires) peut également se produire, mais ces types de nystagmus ne sont pas courants.

Le nystagmus touche généralement les deux yeux, mais il peut rarement n’affecter qu’un seul œil. Les mouvements saccadés ne sont généralement pas présents en permanence, et le nystagmus est souvent plus visible lorsque l’on regarde d’un côté ou de l’autre. 

Dans les cas graves, les mouvements saccadés des yeux peuvent être présents en permanence, même lorsque l’on regarde droit devant soi (et non sur le côté).

Symptômes du nystagmus

Les symptômes courants du nystagmus acquis à l’âge adulte (qui diffère du nystagmus congénital) comprennent :

  • Vertiges (sensation que la pièce tourne ou que vous tournez)
  • Diminution de l’équilibre
  • Nausées ou vomissements
  • Vision double ou floue
  • Maux de tête, irritabilité
  • Sensation que les objets visibles sautent de manière rythmique

Vous pouvez présenter tous ou certains de ces symptômes lorsque vous souffrez de nystagmus. Cependant, lorsque le nystagmus est présent depuis longtemps, les symptômes ne sont pas évidents.

Parfois, le nystagmus peut être si grave qu’il affecte votre équilibre. Des épisodes soudains (par exemple lorsqu’ils sont provoqués par des mouvements rotatifs) peuvent vous donner des vertiges tels que vous risquez de tomber et de vous blesser.

Si vous présentez des signes de nystagmus, vous devez consulter un médecin. Les troubles neurologiques généralement associés aux mouvements oculaires saccadés peuvent s’aggraver progressivement s’ils ne sont pas traités.

Causes du nystagmus

Le nystagmus est un symptôme de certaines maladies neurologiques et affections touchant l’oreille interne. 

De nombreuses maladies neurologiques peuvent être associées à des mouvements oculaires saccadés. 

Certaines des affections qui provoquent le nystagmus sont graves et peuvent mettre la vie en danger, comme une tumeur cérébrale. D’autres ne sont pas associées à des risques graves pour la santé, comme l’amblyopie.

Facteurs de risque courants

Les affections qui augmentent le risque de nystagmus ne le provoquent pas toujours. Le nystagmus est un signe relativement rare de maladie neurologique ou de l’oreille interne.

Tournoiement : Tourner en rond pendant quelques minutes puis s’arrêter peut provoquer une brève période de nystagmus qui affecte les deux yeux. Ce phénomène est généralement sans danger, mais vous pouvez ressentir des vertiges pendant quelques minutes, voire toute la journée suivante.

Strabisme (œil paresseux) : une différence congénitale (dès la naissance) peut entraîner un désalignement des yeux, provoquant un effet visible : un œil paresseux. Parfois, le nystagmus peut survenir avec un œil paresseux, en particulier lorsque vous regardez vers l’extrême gauche ou l’extrême droite.

Maladie de Ménière : affection caractérisée par des épisodes de vertiges sévères et une perte auditive possible, la maladie de Ménière est souvent associée à des mouvements oculaires saccadés, en particulier pendant les crises.

Sclérose en plaques (SEP) : cette affection peut provoquer divers symptômes neurologiques, car elle peut toucher différentes zones du cerveau, de la moelle épinière et/ou du nerf optique (le nerf qui contrôle la vision). La SEP peut provoquer des épisodes permanents ou intermittents de nystagmus dans un œil ou les deux yeux.

Tumeur cérébrale : une tumeur cérébrale primaire (une tumeur qui se développe dans le cerveau) ou un cancer métastatique provenant d’une autre partie du corps peut envahir ou comprimer les nerfs crâniens, le tronc cérébral ou le cervelet, provoquant ainsi l’apparition d’un nystagmus.

Labyrinthite : l’inflammation de l’oreille interne est appelée labyrinthite. Elle peut être due à une infection ou à une maladie inflammatoire, ou être idiopathique (sans cause identifiable). Cette affection peut provoquer des vertiges, des nausées et des vomissements, et votre examen ophtalmologique peut révéler un nystagmus. En général, la labyrinthite se caractérise par des symptômes graves, mais elle n’est généralement pas associée à des risques graves ou mortels pour la santé.

Accident vasculaire cérébral : une interruption de la circulation sanguine dans le cerveau peut causer des lésions cérébrales. Dans de rares cas, un accident vasculaire cérébral peut entraîner un nystagmus.

Syndrome paranéoplasique : plusieurs types de cancer peuvent produire des anticorps (cellules immunitaires) qui attaquent le propre corps d’une personne, provoquant un syndrome paranéoplasique, un effet secondaire rare du cancer. Le nystagmus est l’un des symptômes courants des syndromes paranéoplasiques. Les cancers de l’ovaire et des surrénales sont des exemples de cancers pouvant avoir cet effet.

Différence congénitale : certains enfants naissent avec un nystagmus, qui peut apparaître dès la petite enfance. Les symptômes peuvent également se manifester plus tard dans l’enfance en raison d’une maladie héréditaire. Le nystagmus infantile peut résulter d’un albinisme oculaire, une maladie génétique liée au chromosome X caractérisée par des anomalies de la vision et une diminution de la pigmentation de l’iris (la partie colorée de l’œil autour de la pupille) chez les hommes atteints.

Médicaments : certains médicaments peuvent provoquer un nystagmus comme effet secondaire. C’est le cas, par exemple, du Dilantin (phénytoïne), du Tegretol (carbamazépine) et des barbituriques. Ces médicaments interfèrent avec le fonctionnement des nerfs, et le nystagmus devrait disparaître une fois que le médicament a été métabolisé par l’organisme.

Alcool : l’intoxication alcoolique peut affecter temporairement les nerfs qui contrôlent l’équilibre, entraînant des problèmes de coordination et un nystagmus.

Traumatisme : une blessure traumatique peut endommager le cerveau, les nerfs ou les muscles qui contrôlent les mouvements oculaires, entraînant un nystagmus.

Contrôle des mouvements oculaires 

Certaines zones du cerveau et de l’oreille interne participent à la coordination des mouvements oculaires. Une lésion permanente ou un déficit temporaire touchant l’une de ces zones peut perturber les mouvements oculaires normaux, entraînant plusieurs problèmes potentiels de vision et/ou d’équilibre, notamment le nystagmus.

Le nystagmus peut résulter d’une altération de l’une des structures suivantes :

Cervelet : le cervelet est la région du cerveau qui contrôle l’équilibre. Des lésions du cervelet, causées par exemple par une tumeur ou un accident vasculaire cérébral, peuvent provoquer un nystagmus. De plus, les anticorps présents dans les syndromes paranéoplasiques provoquent un nystagmus en ciblant le cervelet.

Nerfs crâniens : trois paires de nerfs crâniens contrôlent les muscles responsables des mouvements oculaires (chaque œil est contrôlé par un nerf de chaque paire). Une lésion de ces nerfs peut perturber le fonctionnement des muscles oculaires et provoquer un nystagmus.

  • Le nerf oculomoteur (nerf crânien III) contrôle plusieurs muscles qui permettent de bouger les yeux : le muscle droit supérieur, le muscle droit médial, le muscle droit inférieur et le muscle oblique inférieur. Ces muscles permettent de bouger les yeux vers le haut, vers le bas et vers le nez.
  • Le nerf trochléaire (nerf crânien IV) contrôle le muscle oblique supérieur qui permet de bouger l’œil vers le bas et vers l’extérieur.
  • Le nerf abducens (nerf crânien VI) contrôle le muscle droit latéral qui permet de bouger l’œil vers l’extérieur.
  • Le nerf vestibulocochléaire (nerf crânien VIII) intervient dans la perception du son et l’équilibre. Il ne contrôle pas les mouvements oculaires, mais une déficience de ce nerf peut altérer l’équilibre au point de provoquer un nystagmus.

Tronc cérébral : les fibres des nerfs crâniens et les fibres nerveuses du cervelet traversent le tronc cérébral, une zone du cerveau qui relie le cerveau à la moelle épinière. C’est pourquoi une maladie touchant le tronc cérébral (comme une hémorragie ou un accident vasculaire cérébral) peut provoquer un nystagmus.

Oreille interne : l’oreille interne contient de nombreuses structures minuscules qui contrôlent l’audition et contribuent à l’équilibre. Les inflammations, les infections et les tumeurs touchant l’oreille interne peuvent provoquer un nystagmus.

Diagnostic du nystagmus

Même si vous présentez de nombreux symptômes associés, le nystagmus est généralement imperceptible dans la vie quotidienne. Vous ne remarquerez probablement pas les mouvements saccadés de vos yeux. 

Il est très difficile de voir votre nystagmus dans le miroir, car les mouvements ont tendance à être plus intenses lorsque vous regardez sur le côté. 

Parfois, votre famille ou vos amis peuvent remarquer que vos yeux bougent de manière saccadée lorsqu’ils vous regardent.

Lors d’un examen médical, le nystagmus est généralement identifié dans le cabinet d’un professionnel de santé. 

Votre médecin peut vérifier si vous souffrez de nystagmus lors d’un examen neurologique effectué dans le cadre de votre bilan de santé annuel. 

Vos muscles oculaires seront testés en vous demandant de regarder vers chaque côté avec les deux yeux simultanément et de maintenir votre regard pendant quelques secondes. 

Votre ophtalmologue remarquera également le nystagmus lors d’un examen oculaire de routine (par exemple pour vos lunettes ou vos lentilles de contact).

Si vous souffrez de nystagmus, votre équipe médicale effectuera des tests supplémentaires pour en identifier la cause et voir si vous présentez des complications inquiétantes.

Les examens diagnostiques dont vous pourriez avoir besoin comprennent :

  • Examen oculaire : un examen oculaire comprend plusieurs étapes. Votre professionnel de santé vérifiera généralement votre acuité visuelle (votre capacité à voir les objets proches et éloignés) à l’aide d’un tableau optique. Vous passerez également un examen visant à mesurer la distance entre vos pupilles. Ce test permet d’évaluer les différences de mouvement entre vos yeux et d’identifier un œil paresseux. Votre professionnel de santé peut mesurer la vitesse et la direction de vos mouvements oculaires, et cette évaluation peut inclure une vidéo de vos mouvements oculaires.
  • Imagerie cérébrale : des examens tels que la tomodensitométrie (TDM) ou l’imagerie par résonance magnétique (IRM) du cerveau permettent d’identifier des problèmes structurels au niveau du cerveau et de l’oreille interne, tels que des tumeurs ou des accidents vasculaires cérébraux. Ces affections peuvent altérer le fonctionnement du cervelet, des nerfs crâniens ou de l’oreille interne, entraînant un nystagmus.
  • Électronystagmographie (ENG) : cet examen diagnostique évalue les étourdissements, les vertiges ou le nystagmus. L’ENG est un test non invasif qui mesure objectivement le fonctionnement des nerfs oculomoteurs et vestibulaires et peut aider à déterminer si l’un de ces nerfs est altéré.

Traitement du nystagmus

Plusieurs traitements sont utilisés pour aider à réduire les effets du nystagmus. Des médicaments peuvent être prescrits pour réduire les mouvements oculaires saccadés. Parfois, un traitement est également nécessaire pour atténuer les nausées et les vertiges associés.

De plus, si vous souffrez d’une affection neurologique à l’origine de votre nystagmus, vous devrez peut-être suivre une thérapie de rééducation pour prendre en charge votre maladie neurologique.

Correction de la vision

Si un déficit visuel est à l’origine de votre nystagmus, vous devrez peut-être porter des verres correcteurs pour corriger votre vision. Dans certaines situations, la correction chirurgicale de la vision est considérée comme la meilleure option.

Contrôle des mouvements oculaires saccadés 

Les médicaments prescrits pour réduire le nystagmus comprennent le Firdapse (amifampridine), le Lioresal (baclofène), le Klonopin (clonazépam) et le Neurontin (gabapentine) par voie orale.Ces médicaments peuvent réduire temporairement votre nystagmus, mais ne permettent pas de le guérir.

Thérapies symptomatiques 

Si les vertiges, les nausées et/ou les vomissements sont problématiques, votre professionnel de santé peut vous recommander un traitement en vente libre ou sur ordonnance pour aider à soulager ces effets.

Prise en charge médicale des maladies neurologiques 

Vous devrez peut-être suivre un traitement médical pour traiter la cause de votre nystagmus. Il peut s’agir d’un traitement modificateur de la maladie pour la prise en charge de la sclérose en plaques, de médicaments anti-inflammatoires pour la prise en charge de la maladie de Ménière ou d’antibiotiques pour traiter une infection de l’oreille interne.

Botox

Les injections de Botox (toxine botulique) peuvent affaiblir et détendre les muscles oculaires. Il ne s’agit pas du même produit que le Botox utilisé en esthétique ; il faut faire très attention à ne pas endommager les yeux et les structures voisines.

La toxine botulique affaiblit les muscles et, lorsqu’elle est utilisée pour le traitement du nystagmus, elle réduit le nystagmus compensatoire qui survient lorsque les muscles oculaires ne sont pas de force égale.

Chirurgie

Dans certaines situations, la chirurgie oculaire peut réparer les défauts musculaires à l’origine du nystagmus. Vous pourriez avoir besoin d’un traitement pour une tumeur cérébrale ou une tumeur de l’oreille interne. Les approches thérapeutiques pour une tumeur comprennent l’ablation chirurgicale, la radiothérapie et/ou la chimiothérapie.

Rééducation 

Parfois, une thérapie utilisant des techniques de rééducation peut être efficace pour renforcer les muscles oculaires. Si votre nystagmus est dû à une légère faiblesse des muscles oculaires, cela peut atténuer le problème.

Résumé

Le nystagmus est souvent un symptôme d’une maladie neurologique. Si vos mouvements oculaires brusques vous causent une gêne, vous devrez peut-être vous faire soigner.

Parfois, le nystagmus ne provoque aucun symptôme gênant et peut être découvert fortuitement (par hasard) lorsque votre professionnel de santé examine vos yeux. 

Parfois, le nystagmus est le premier indice d’un trouble neurologique. Dans ces cas, vous devrez peut-être subir un examen médical approfondi afin d’identifier la cause de vos mouvements oculaires saccadés. 

Un traitement des troubles neurologiques à l’origine du nystagmus est généralement nécessaire.

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